Rolf Rollon


- 927

Le fondateur de la Normandie


Rollon (Rollo en latin, Hrólfr en norrois) est parfois appelé Robert Ier le Riche. Plus souvent, on le surnomme Rollon le Marcheur (Gangû-Hrôlfr en norrois), car on raconte qu'aucune monture n'a jamais été capable de supporter son imposante stature de plus de deux mètres pour plus de cent quarante kilogrammes...
l'Europe. Après des pillages ponctuels, ils établissent des bases permanentes à l'embouchure des grands fleuves d'où ils partent ravager l'intérieur du pays. Ils fondent ensuite des principautés en Angleterre et aux bouches du Rhin puis, plus tard, aux estuaires de la Loire et de la Seine. Seule, la dernière, possession de Rollon, survit.

L'origine de Rollon, appelé Rolf par ses compagnons, est mal connue. La plupart des sources font de lui un Danois, mais les sagas islandaises du XIIIe siècle le disent fils d'un chef du pays de More, en Norvège occidentale. Le nom de Rollon est en effet fréquent dans ce lignage et la fille de Rollon, Gerloc, a un nom typiquement norvégien. Le Norvégien Rollon commande donc une troupe formée surtout de Danois; le cas n'est pas unique.

On ne sait rien de lui avant 911. Peut-être arriva-t-il sur les bords de la Seine en 876, peut-être participa-t-il au siège de Paris de 885. On en parle pour la première fois lorsque, de retour d'une expédition malheureuse sur Sens et Bourges, il échoue devant Chartres. Là, le duc de France Robert lui inflige de lourdes pertes.

Au lendemain de ces défaites, il aurait conclu avec Charles le Simple le traité de Saint-Clair-sur-Epte. Ce dernier n'est mentionné que par Dudon de Saint­Quentin, chroniqueur du XIe siècle, très favorable aux ducs de Normandie, ses maîtres. D'après Dudon, Charles le Simple aurait cédé à Rollon l'ensemble de ce qui est devenu la Normandie et lui aurait promis sa fille Gisèle en mariage, le tout en échange de son hommage.

En fait, les débuts de Rollon sont beaucoup plus modestes. Il semble bien que la concession faite à Rollon ait été un expédient d'ordre militaire pour procurer au roi des troupes aux moindres frais, plutôt qu'une véritable concession en fief. En outre, Rollon n'a pas reçu d'emblée toute la Normandie, mais seu­lement Rouen et les pays voisins. Le Bessin lui a été cédé en 924 et son fils Guillaume s'est acquis les diocèses de Coutances et d'Avranches en 933. Enfin, rien ne permet d'étayer l'hypothèse d'un mariage de Rollon avec une fille du roi. Le chef normand a sans doute accepté le baptême, mais la paix qu'il a établie sur ses terres et la législation qu'il leur a donnée ont toutes les chances d'être légendaires. Rollon meurt peut-être vers 927, en tout cas avant 932, laissant une principauté encore fragile mais qui va bientôt devenir l'une des plus puissantes de la France naissante.

Rollon, chef normand, duc et prince de Normandie source:www.genancestral.com