Un mystère auréole la naissance d’Aliénor, fille du Duc d’Aquitaine Guillaume X et petite fille de Guillaume IX le Troubadour.
La future reine de France puis d'Angleterre vient au monde en 1122 ou en 1124, dans un lieu resté indéfini. Est-ce à Poitiers, à Bordeaux ou encore à Nieul-sur-Autise, là où sera ensevelie sa mère Aénor de Chatellerault alors qu'Aliénor n'a que six ou huit ans ?
Une tradition extrapolée à partir d’une charte, mais établie aujourd’hui comme un faux document, propose également le château de Belin dans les Landes.
De 1122 à 1137, son enfance se déroule dans une cour féodale sans doute rude mais largement éprise de poésie. Guillaume X d’Aquitaine maintient à l’égard des troubadours et des jongleurs gascons le large mécénat voulu par son père.
Parmi eux, Cercamon (ou Cherche-Monde), jongleur de Gascogne est un protégé du prince troubadour ; ils partagent des joutes poétiques qui adoucissent singulièrement l’austérité du palais ducal de l’Ombrière à Bordeaux ou de celui de Poitiers, sièges du duché d’Aquitaine.
,
Aliénor sort de l’ombre en 1137, à l’âge de 13 ou 15 ans, à l’occasion de son mariage avec l’héritier du roi de France, le futur Louis VII.
Ce mariage est négocié dans la hâte par Suger, abbé de la basilique royale de Saint-Denis, la mort subite du père d’Aliénor exigeant de placer sans tarder l’héritière du duché sous la protection d’un puissant seigneur.
Leur union est célébrée le 27 juillet 1137 dans la cathédrale Saint-André de Bordeaux.
Quelques jours plus tard, le 1er août 1137, s’éteint le roi de France Louis VI le Gros qui laisse son royaume au jeune époux. Sur le chemin de Paris, la première escale du couple royal est le château de Taillebourg où Aliénor et Louis VII se retrouvent seuls pour la première fois.
Le 8 août, c’est à la cathédrale de Poitiers qu’a lieu le couronnement ducal suivi d’un banquet dans la grand-salle du palais.
Les premières années parisiennes dans le palais de la cité sont sans doute inconfortables pour la jeune princesse, étrangère par sa langue et sa culture à une cour où la reine mère, Adélaïde de Savoie, tient encore une place importante. Par ailleurs, le rôle de protecteur qu’est appelé à jouer Louis VII sur l’Aquitaine ducale l’entraîne en 1141 dans une expédition malheureuse contre le comte de Toulouse.
Les enjeux de la politique féodale viennent interférer avec l’action de la jeune reine quand celle-ci favorise le mariage de sa sœur, Pétronille, avec le sénéchal de France Raoul de Vermandois. Elle avait obtenu la dissolution du premier mariage de ce seigneur puissant avec la nièce du non moins puissant Thibaud de Blois, comte de Champagne, sous prétexte de consanguinité. Le pape sanctionne la dissolution et excommunie les nouveaux époux et les évêques qui s’étaient prêtés à la machination ; c’est l’une des raisons qui dressent Innocent II contre le roi de France celui-ci défiant l’autorité pontificale en tentant d’imposer son propre candidat au trône épiscopal de Bourges.
Au cours de la guerre qui s’ensuit, les troupes royales sous l’ordre de Raoul de Vermandois massacrent la population de Vitry-en-Perthois en incendiant l’église dans laquelle les habitants s’étaient réfugiés.
Aliénor fut tenue pour responsable de ces drames et la confiance du jeune roi en son épouse chancelle sous l’évidence du châtiment qu’il encourt en poursuivant la défense de ses intérêts.
Parmi eux, Cercamon (ou Cherche-Monde), jongleur de Gascogne est un protégé du prince troubadour ; ils partagent des joutes poétiques qui adoucissent singulièrement l’austérité du palais ducal de l’Ombrière à Bordeaux ou de celui de Poitiers, sièges du duché d’Aquitaine.
,
Bernard de Clairvaux, le réformateur de l’ordre de Citeaux est l’artisan de la conversion du roi à un christianisme militant et austère entièrement soumis à la papauté.
L’abbé Suger, dont les sages conseils ont été négligés au
profit de ceux qui constituaient l’entourage de la Reine, continue cependant son œuvre au profit de la royauté en assurant le rayonnement du panthéon royal de Saint-Denis au cours d’une [ cérémonie de dédicace du chœur le 11 juin 1144 ] qui réunit la fleur de la chrétienté. C’est pour Aliénor l’occasion de s’entretenir en privé avec Bernard de Clairvaux qui l’engage à plus de réserve dans la vie politique ; en échange, il l’assure de ses prières en faveur d’une intervention divine susceptible de permettre à la reine de donner un héritier mâle à Louis VII.
Quelques mois plus tard, c’est d’une fille, prénommée Marie, qu’accouche la reine.
En 1145, pour la Noël, le roi annonce à Bourges son intention de se croiser. Le pape Eugène III, un ancien moine cistercien, approuve le projet qui est promu avec vigueur par Bernard de Clairvaux à Vézelay en 1146 à Pâques.
Lorsque la croisade s’ébranle, le 12 mai 1147, c’est un cortège mixte qui quitte Saint-Denis : contrairement à ce que l’on peut attendre d’une expédition militaire aussi risquée que chaste, la deuxième croisade fait la part belle à la reine et à sa suite
Source: alienor-aquitaine.org